Musée du Chateau d'Argent

Journal avril 2019

 

L A   V O I X   D A N S   L E   D E S E R T

Mensuel du Château d’Argent - N° 1    Avril 2O19

 

Résumé de la conférence du 5 février 2O19 sur Georges Wodli, résistant alsacien :

 Les mutineries dans le port de Kiel, en Allemagne du nord, début novembre 1918, entraînèrent une révolution et l’implantation de conseils d’ouvriers et de soldats (les soviets) dans les villes, notamment en Bavière et jusqu’à Berlin, provoquant la chute de l’Empire.
 Georges Wodli (19OO-1943), fils de cheminot, et ouvrier-ajusteur aux ateliers du Chemin de fer de Bischheim, fut incorporé dans l’armée allemande en 1917 et envoyé dans les chantiers navals de Kiel. Il participa aux mutineries et adhéra au parti socialiste allemand.
 Redevenu Français, il adhère à la section française de l’Internationale communiste, ainsi qu’à la CGTU des cheminots. Après son service militaire à Toulon, il part travailler à Paris chez Renault, Farman et Hispano-Suiza. Retournant en Alsace, il reprend son travail à Bischheim, se marie et habite à Schiltigheim. Jamais il ne suivra la pente des autonomistes alsaciens, Charles Hueber, Joseph Rossé et Karl Roos. En 1934, il est membre du bureau fédéral de l’Union des Syndicats des cheminots d’Alsace et de Lorraine. Il est aussi, dès 1936, membre du Comité central du parti communiste français.
 Lors de l’avènement du National-socialisme, en janvier 1933, divers groupes de résistance se forment en Allemagne, la plupart d’inspiration communiste. Georges Wodli soutient leur action, leurs journaux et les fait connaître en France.
Il refuse l’annexion de l’Alsace-Lorraine et continue à adhérer au Comité central clandestin, le Parti communiste ayant été dissout par le gouvernement Daladier, le 26 septembre 1939. . Sous le pseudonyme de Jules, travaillant alors dans diverses régions de France, Georges Wodli est nommé délégué interrégional du Comité central clandestin pour l’Alsace-Lorraine. Il organise un réseau de résistance, le Réseau Wodli, en lien avec les cheminots et les mineurs d’Alsace et de Moselle : sabotage de matériel ferroviaire, passage des évadés, distribution de tracts. Dans ce réseau, émergent notamment les noms de Jean Burger (fondateur du groupe Mario en Moselle), Georges Mattern , René Birr, Adolphe Murbach, Auguste Sontag, Eugène Boeglin, Edouard Schwartz, Marcel Stoessel, Alphonse Kuntz, René Kern. Plus de trois cents communistes alsaciens furent internés à Schirmeck ou au Struthof et exécutés.
 Georges Wodli est arrêté le 3O octobre 1942 à Chatou dans les Yvelines, par la milice française, qui le livre à la Gestapo un mois plus tard. Il est transféré à Schirmeck le 16 janvier 1943 puis conduit régulièrement à Strasbourg pour des interrogatoires et des séances de torture. Il meurt sous la torture le 2 avril 1943, rue Sélénick à Strasbourg. Son corps est ramené au Struthof, passé au crématoire et ses cendres dispersées.
 En 1953, pour le dixième anniversaire de sa mort, l’Union des Syndicats CGT d’Alsace-Lorraine a publié à Schiltigheim le livre, ensuite traduit en français : « Heimat unterm Hakenkreuz ».
Georges Wodli a reçu, à titre posthume, la croix de chevalier de la Légion d’honneur, la croix de guerre avec palmes, et la médaille de la Résistance. Une rue Georges Wodli se trouve près de la gare de Strasbourg et d’autres rues portent son nom à Gretz, où sa famille avait été évacuée, ainsi qu’à Metz.
D.V.
  
Mes conseils de santé :
 
Ulcères variqueux
 
 Très peu de personnes savent soigner les ulcères variqueux, et de ce fait ils peuvent traîner des années. Je vous livre mon expérience et je cherche à vous aider, car c’est l’enfer.
L’ulcère variqueux n’est pas une plaie comme une autre et elle doit être soignée de façon totalement différente.
 Dès l’apparition de la moindre plaie, piqûre ou égratignure au pied : désinfecter avec un spray antiseptique, bien sécher, poser un kleenex propre et bander. Jamais de gaze tissé au contact de la plaie, car les fibres du tissu s’y incrustent. On peut placer un carré de gaze sur le kleenex. Jamais de pommade, ni de pansement adhésif humide, car la plaie se creuse et s’élargit. Jamais d’argile non plus, ni de tulle gras. « Rien que du sec », m’a dit une infirmière aux urgences de Colmar.
 J’avais tout essayé et vu plusieurs spécialistes. Or la plaie se creusait jusqu’à l’os, avec des douleurs insupportables pendant trois mois. Jusqu’à la rencontre avec cette infirmière. Lorsqu’elle m’a bandé la plaie, je lui ai demandé pourquoi elle ne mettait pas de tulle gras. « Non, rien que du sec » a-t-elle répondu. J’ai suivi ce conseil, et un mois après, déjà, la plaie se refermait et une croûte se formait, malgré la présence de fibrine. Celle-ci n’empêche pas la plaie de guérir. Il ne faut surtout pas chercher à ôter la fibrine: plus on irrite la plaie, plus la fibrine se reforme. Elle s’en ira toute seule avec la formation des croûtes. Il ne faut jamais que la plaie entre en contact avec un liquide quelconque, ni avec de l’eau. Le pansement doit être changé tous les jours. S’il adhère à l’ulcère qui suinte, imprégner le pansement avec le spray désinfectant et attendre jusqu’à ce que le pansement se détache tout seul, sans tirer dessus pour éviter de rouvrir la chair. On peut le faire soi-même en posant le pied sur une chaise. Il ne faut jamais mettre de bas de contention sur une plaie, mais seulement lorsqu’elle est guérie.
 J’ai procédé ainsi deux années de suite, car, par la grande chaleur de l’été les plaies se sont rouvertes. Il y en avait quatre. Elles ont guéri au bout de trois mois. Pour les douleurs incessantes jour et nuit, il faut prendre du Doliprane, mais seulement un le jour et un autre la nuit. Quand on en prend trop, on s’y habitue et il ne fait plus d’effet.
D.V.
  
La phrase du mois :
 
« L’horizon qui cerne cette plaine (d’Alsace), c’est l’horizon qui cerne toute vie. Il exalte notre soif d’infini, en même temps qu’il nous rappelle nos limites ».
                                             
Maurice Barrès, La Colline inspirée. (1913)

 

 La Voix dans le Désert, Mensuel gratuit du Château d’Argent.
Directrice de publication : Danielle Vincent.
Editions du Château d’Argent, 185 rue de Lattre de Tassigny 68160 Ste Marie-aux-Mines
Imprimerie : Zapa informatique, 3 rue Muhlenbeck, 68160 Sainte Marie aux Mines
ISSN : 2650-7225          Dépôt légal :     1 er trimestre 2019