Musée du Chateau d'Argent

Journal avril 2022

L  A      V  O  I  X      D  A  N  S      L  E      D  E  S  E  R  T
Mensuel du Château d’Argent,  N°  38      -      Avril  2022
 

L’UKRAINE :    UN  PAYS  TRES  CONVOITE.

 Son époux veut la faire revenir au domicile conjugal.  Mais  elle est convoitée par deux prétendants :  l’Union européenne et les Etats Unis.  Ils sont conscients l’un et l’autre  du gâteau qui leur échapperait,  si la Russie imposait ses exigences.
 L’Ukraine serait en effet  une proie de choix : 
« L’Ukraine a tous les ingrédients nécessaires pour être une économie importante de l’Europe :  des terres agricoles fertiles, une base industrielle très développée, une main d’oeuvre très bien formée, ainsi qu’un très bon système éducatif. »  ( 1 ). 
A l’instar de la Crimée, qui, elle, se relève peu à peu depuis 2014, l’Ukraine a connu pendant son indépendance  une grave récession économique  et une  pauvreté, supérieure à celle qui   prévalait à l’époque de l’Union soviétique ( ).
Sont en cause :  « Une corruption du milieu des affaires extrêmement élevée, des réformes de structure inachevées, des conflits armés directs ou indirects avec la Russie, ainsi qu’une démographie particulièrement déprimée » :  elle compte 38 millions d’habitants  ( ).  
 
 En dépit des richesses extraordinaires de son sol, de son sous-sol, et des vestiges de son passé,  l’Ukraine  exporte peu et importe beaucoup. Sa dette extérieure représente environ 180 % du Produit intérieur brut, « alors que ses réserves de change  ne comptent que pour deux mois et demi d’importation »  ( 4 )
A la suite d’événements politiques, l’Ukraine a subi une récession de 8 % en 2014 et a obtenu un prêt de 15,5 milliards d’euros du Fond monétaire international.  Un prêt de 13 milliards d’euros lui avait déjà été consenti en 2008.  Nouvelle récession de 9,9 % en 2015,  avec 50% d’inflation et une importante crise bancaire.
En 2020, le déficit public est de 6 à 7 %,  avec une dette de 18,3 milliards  de dollars , soit 13 % du PIB.  « L’Ukraine a besoin de réformes de structure profondes pour améliorer le climat des affaires et stimuler les investissements productifs »  ( ).
Ses ressources, pourtant, sont énormes.
 
Le gaz de schiste de l’Ukraine représente une capacité de 3.600 milliards de mètres cubes  et la situe au troisième rang européen, après la France et la Pologne. A titre de comparaison, le sous-sol français contiendrait, selon les estimations,  5.O94  milliards de m3, dans le quart nord-est et sud-est du pays, faisant de la France le pays le plus riche, avec la Pologne, en gaz de schiste dans l’Union européenne ( 6 ).  Le gaz de schiste  est un gaz naturel piégé dans des roches argileuses peu profondes, ou dans des gisements de charbon. L’Iran en contient 33.800 milliards,  la Russie 31.300 milliards, le Qatar 24.700 milliards, le Turkmestan 17.500 milliards, les Etats-Unis 9.300 milliards, la Pologne 3.000 milliards, l’Allemagne  2.300  milliards, selon le journal Le Monde, en février 2013 . Comme en Allemagne, la technique de fracturation hydraulique permettant de faire remonter le gaz de schiste, est interdite en France pour des raisons environnementales. Cependant, « Les ressources de gaz de schiste pourraient accroître considérablement les réserves prouvées de l’Union européenne, et réduire les importations de gaz en provenance de Russie » ( 7 ).
En Ukraine, des accords ont été signés en 2013 avec Royal Dutch Shell pour l’exploitation du gaz de schiste du Donetsk, à l’Est du pays.  La société ukrainienne Burisma, chargée d’explorer les gisements de cette région, est dirigée par Hunter Biden, un des fils du président actuel  des Etats-Unis.
 
Les réserves de charbon  étaient de l’ordre de 34,37 milliards de tonnes, estimées en 2020.
Dans le Donbass,  des puits très dangereux de 600 m pour l’extraction de la lignite, de 1.800 m pour celle du charbon  bitumeux et de l’anthracite, ont été creusés.  Le charbon du Donbass produit près de 30% des exportations de l’Ukraine.  Mais l’indépendance de l’Ukraine, en 1991, a causé un effondrement de 80% de l’économie du Donbass. 
 
La production nucléaire, en 2020, était de  83 TWh ( 8 ). L’Ukraine possède quatre centrales nucléaires :  Zaporijia  (2009), au centre du pays ; Konstantinovka en Ukraine du Sud  (2013) ;  Khmelnitski (2013), à l’ouest de Kiev ; Rivné au Nord-Ouest (1981).  Elles sont toutes exploitées par la société ukrainienne Energoatom,  basée à Kiev.
Deux nouveaux réacteurs sont en construction à la centrale de Khmelnitski, de 1.035 mégawatts chacun.
 
Avec ses   réserves de gaz naturel,  estimées en 2020 à 1.100 milliards de mètres cubes, l’Ukraine se classe au 23e rang mondial,  et au 3e rang européen, derrière la Norvège et les Pays-Bas.  Elle a importé 14,7  milliards de mètres cubes de la Russie au moyen de trois gazoducs en 2020, et cherche à acquérir son indépendance par rapport au gaz russe.
 
L’Ukraine détient 2% des ressources mondiales d’uranium récupérable, soit  186.000 tonnes évaluées en 2021 par l’Agence internationale de l’Energie atomique, ce qui la place au 12e rang mondial.
 
En plus du charbon et de l’uranium, on trouve plus de vingt types de minerai dans le sous-sol de l’Ukraine dont :  28 milliards de tonnes de minerai de fer, ce qui en fait le 7e producteur mondial,  3 milliards de tonnes de manganèse (8e producteur mondial),  à quoi s’ajoute du titane ( 6e  producteur mondial),  et du graphite (7e producteur mondial).
 
Les ressources agricoles de l‘Ukraine ont doublé en trente ans  ( 9 ) . Elles proviennent de 41,5 millions d’hectares de surface cultivée ;  les terres  labourables   sont constituées  de 60% de « terres noires » très fertiles,  appelées « tchernoziom ».  Ancien « grenier à blé » de la Russie,  l’agriculture de l’Ukraine assure 15% du Produit intérieur brut, emploie 20% de la population active et représente 40% des exportations.
La production de céréales et oléagineux représente 80 millions de tonnes, dont une cinquantaine de millions partent à l’exportation :  le pays est le 6e producteur et 5e exportateur de blé, le 4e exportateur de maïs, d’orge et de sorgho ( 10 ). Avec 20 millions de tonnes de pommes de terre, il se place au quatrième rang mondial. A quoi s’ajoutent 9,6 millions de tonnes de légumes et 2,1 millions de tonnes de fruits.  Il est le premier  exportateur mondial d’huile de tournesol,  le deuxième de colza, le troisième de noix et de miel.  En ce qui concerne les produits bio, il se place au second rang européen.
Ses exploitations agricoles sont les plus grandes d’Europe.
 
Or, on peut lire sur internet que « Depuis l’indépendance, et encore plus depuis 2014, l’histoire économique du pays est celle d’une paupérisation générale. A l’heure de la nouvelle crise qui la frappe, l’Ukraine est l’une des économies les plus affaiblies d’Europe… Celle qui était jadis le fleuron de l’Empire tsariste et du régime soviétique… n’est plus que l’ombre d’elle-même. ». Depuis l’invasion de la Crimée, l’économie ukrainienne a tourné le dos à la Russie pour  conclure avec  la Communauté européenne  un accord de libre-échange.  De 30% des exportations à la Russie, l’Ukraine est passée à 5%. En revanche, avec l’Union européenne comme premier partenaire commercial,  elle effectue 40% de ses exportations et importations.
Il faut aussi noter le rôle majeur de la France dans l’implantation d’entreprises et la création d’emplois en Ukraine.
Mais ces échanges sont en train d’atteindre un plateau étant donné que la Chine offre  à l’Ukraine, depuis 2019, des conditions plus avantageuses. Il en résulte   un essor  important
des  exportations de l’Ukraine vers la Chine,  notamment des produits agricoles et des matières premières.  L’implication potentielle de la Chine comme alliée de la Russie dans la guerre actuelle pourrait donc compromettre dangereusement l’économie  ukrainienne.
 
En 1921, le pays est devenu  la République socialiste soviétique d’Ukraine.
La soviétisation  de l’Ukraine était marquée par la guerre civile, plusieurs famines, la collectivisation des terres, les  grandes purges, déportations et  massacres sous le régime stalinien, la résistance de l’armée insurrectionnelle ukrainienne contre l’armée rouge.
 
En 1945, cependant, sur la demande-même de Josef Staline, l’Ukraine devient, avec l’URSS et la Biélorussie, un des membres fondateurs de l’ONU.
 
Après la mort de Staline (1953) commence, avec Nikita Khrouchtchev, et plus encore avec Mikhaïl Gorbatchev, une période de démocratisation progressive. 
Elle aboutit,  le 16 juillet 1990 à une Déclaration sur la souveraineté politique de l‘Ukraine par le Parlement ukrainien,  et à la Déclaration d’indépendance de l’Ukraine, le 24 août 1991, confirmée le 1er décembre 1991 par un référendum.
 
Quelques jours plus tard,  la dissolution de l’Union des Républiques socialistes soviétiques est décidée par les gouvernements  russe, ukrainien et biélorusse.
 
L’Ukraine  avec  son président Leonid Kravtchouk (1991-1994), s’emploie alors à resserrer les liens avec l’Union européenne,  et signe avec elle un accord de partenariat et de coopération en juin 1994. C’est alors qu’une aide financière européenne  de 1,8 milliards d’euros est versée à l’Ukraine.
 
Mais, lors des élections présidentielles de 1994,  le président élu Leonid Koutchma, (1994-2004),  prône un rapprochement avec la Russie, pour parer au déclin économique de l’Ukraine, auquel avait fortement contribué la catastrophe de  la centrale nucléaire de Pripiat, près de Tchernobyl, le 26 avril 1986. ( 11 ).  Koutchma  changera de cap  deux ans plus tard, déclarant qu’il ne veut pas devenir le vassal de la Russie, et demandera l’intégration de l’Ukraine à l’Union européenne en juin 1998 ; mais celle-ci n’est toujours pas réalisée depuis 24 ans. Par contre, une charte de partenariat avec l’OTAN a été signée en juillet 1997.  Le président Koutchma, impliqué dans des affaires de corruption,  fera une nouvelle volte-face vers  les années 2004,  en essayant de se rapprocher de Vladimir Poutine nouvellement élu, le 26 mars 2000 à la présidence  de la Fédération de Russie.
 
Les élections présidentielles ukrainiennes de 2004, entachées de fraudes massives, provoquent deux mois d’importantes manifestations populaires, la « révolution orange », menée principalement  par une femme, Ioulia Tymochenko.  Un troisième tour des élections amène à la présidence Viktor Iouchtchenko,   pro-européen. Il sera président de 2005 à 2010.  Il aura avec son nouveau premier-ministre, Ioulia Tymochenko, qui l’accuse de corruption, des relations orageuses.  Interviennent, de plus, des difficultés économiques, notamment sur le prix doublé du gaz naturel venant de Russie,  et des remous politiques :  motion de censure contre le gouvernement, élections législatives que perd Madame Tymochenko et qui placent le parti pro-russe, avec Viktor Ianoukovytch, à la tête du gouvernement.
 
Ce dernier est élu à la présidence ukrainienne  au second tour, le 7 février 2010.  Ianoukovytch  redéfinit le pouvoir présidentiel et démantèle le parti d’opposition de Ioulia Tymochenko, condamnée à sept ans de prison pour corruption. En 2013, la Russie, soucieuse de se rapprocher de ses anciens Etats,  s’efforcera de mettre des entraves économiques aux  projets d’accord entre l’Ukraine et l’Union européenne. A la fin de l’année, l’Ukraine opère un nouveau mouvement de pendule, en prenant ses distances avec l’Union européenne et en optant pour le dialogue avec Moscou. Le pendule revient quand, en novembre et décembre 2013, de violentes manifestations pro-européennes à Kiev, qui  reçoivent le nom de « Yevromaïdian », demandent la démission du président.   Ce dernier est destitué par le Parlement le 22 février2014, et Ioulia Tymochenko,  héroïne de l’indépendance, est triomphalement libérée.
 
Oleksandr Tourtchynov,  membre du parti indépendantiste, est élu président par intérim de l’Ukraine,  du 23 février 2014  au 7 juin 2014.
Un mois plus tard,  Vladimir Poutine  prend le contrôle de  la Crimée, qui est ukrainienne. Le 18 mars 2014, à la suite d’un referendum d’auto-détermination, la République de Crimée est  intégrée à la Fédération de Russie, en dépit des contestations  du  président Tourtchynov et du bloc occidental. Déjà la Russie menace d’envoyer des troupes en Ukraine.
 
 Petro Porochenko, ministre des Affaires étrangères (2009-2010), puis ministre du commerce et de l’économie (2012), qui avait soutenu la révolte pro-européenne fin 2013,  devient le nouveau président de l’Ukraine, le 7 juin 2014 et conservera son mandat jusqu’au 20 mai 2019.
Son mandat est perturbé par la guerre du Donbass, dès février 2014, opposant des séparatistes pro-russes au gouvernement ukrainien. Les hostilités avaient commencé contre les pro-européens, lors de la révolte d’Euromaïdian dans la seconde plus grande ville d’Ukraine, Kharkiv. Soutenus militairement par la Russie, les séparatistes russes proclament la République populaire de Donetsk, le 7 avril, et celle de Lougansk, le 11 mai,  composant toutes deux la région ukrainienne du Donbass.  Un accord de cessez-le-feu, signé le 5 septembre 2014 échoue,  et les combats s’intensifient. Un deuxième accord signé à Minsk, les 6 et 11 février 2015, en présence de  François Hollande, Angela Merkel, Petro Porochenko et Vladimir Poutine, n’a  réduit que partiellement  les hostilités.
Cet accord avait stipulé un devoir d’entraide et de coopération entre la Russie et les deux républiques populaires du Donetsk et de Lougansk.
Sept ans plus tard, le 21 février 2022,  c’est le gâteau tout entier de l’Ukraine qui est entamé par la Russie.
 
Auparavant, le  21 avril 2019, c’est le sympathique acteur et réalisateur Volodymyr Oleksandrovytch Zelensky, de religion juive, soutenu par Israël et la diaspora juive  ( 12 ),    qui bat aux élections présidentielles Petro Porochenko, avec  un record de 73,3 % de voix.
Lors de sa campagne électorale, accusant son rival de corruption, il avait promis la légalisation du cannabis, de la prostitution, et des jeux de hasard.
Souvent en chemise ouverte, si ce n’est en tee-shirt, bracelets et bleu de travail, toujours souriant, il était, à quarante et un ans, lors de son élection,  le plus jeune président qu’ait connu  l’Ukraine.
Il avait fondé, en mars 2018, un parti du changement dénommé « Serviteur du Peuple ».  C’était, selon Wikipédia, « un parti attrape-tout, populiste, défenseur de la lutte anti-corruption et de la démocratie directe ».
Il affiche de suite sa volonté de rapprochement avec l’Union européenne, rencontrant Donald Tusk dès le mois de juillet 2019.   Il cherche à apaiser les tensions dans le Donbass et va jusqu’à projeter son autonomie.  Il prend aussi des mesures anti-corruption,  travaillant à la création de la Haute Cour anticorruption,  plus que nécessaire dans ce pays où « l’ampleur de la corruption est immense et ne se réduit pas à quelques pots-de-vin »  ( 13 ).   Sa lutte s’étend aussi à  la Justice, alors que la puissante Cour constitutionnelle avait invalidé des lois anticorruption depuis des années.  Son président Oleksandre Toupytsky avait été lui-même suspendu pour corruption, en décembre 2020.  Mais le président Zelensky est lui-même accusé d’impuissance et même de complaisance « avec le caractère corrompu d’un système en place de longue date »  ( 14 ).
 
Que dira l’avenir ?
 
 L’histoire moderne de l’Ukraine témoigne d’une instabilité et d’une versatilité continuelles, comme si le peuple ne savait pas vraiment ce qu’il veut.  Elle se double d’une opacité qui empêche  une vision claire des situations, non seulement changeantes, mais trompeuses :  les choses, ici,  ne sont jamais ce qu’elles paraissent être et  s’accompagnent d’une corruption permanente.
 
C’est la raison pour laquelle je pense que l’Union européenne et les Etats-Unis risquent de subir  des revirements et de mauvaises surprises de la part de l’Ukraine.  Le terrain  est mouvant et de ce fait, les va-t-en guerre et les dévoués chevaliers blancs occidentaux ne peuvent pas savoir à quoi ils s’engagent.
 
Il faut qu’ils prennent conscience que la Russie n’est pas vulnérable  aux sanctions occidentales. Elles ne sont que des piqûres de moustiques sur son pelage. Elle a les ressources, le courage, un immense savoir-faire et bien d’autres débouchés.
 
Le Journal L’Alsace du 9 décembre 2017, avait annoncé, dans un article saisissant : « Le lancement du titanesque projet gazier Yamal », dans la péninsule de Yamal en Sibérie arctique, à 2.500 kilomètres de Moscou, où les températures peuvent descendre à -50 degrés.  Il s’agissait de la construction en trois étapes d’une usine de liquéfaction de gaz qui, à partir de 2019, devait produire 16,5 millions de tonnes de gaz par an. Le projet de 27 milliards de dollars, « un des plus vastes et ambitieux du monde », était inauguré le 8 décembre 2017 en présence de Vladimir Poutine.  Il était détenu par le Russe Novatek à 50%,  le Français Total à 20%,  et les Chinois CNPC (20%) et Silk Road Fund (9,9%).
 
Nos représailles à  l’ encontre de la Russie ont pour seul effet de nous affaiblir nous-mêmes :  l’Europe est en train de se faire hara-kiri, économiquement,  mais aussi existentiellement.  Les retours de bâton sont  aussi en train  d’atteindre l’Amérique.
 
Accuser Vladimir Poutine d’être un fou est la solution la plus facile. Il ne faut jamais sous-estimer un ennemi.  Les campagnes de 1812 et  de 1941 nous ont avertis que, si les Russes sont lents à  donner leur pleine mesure au début d’une guerre, ils deviennent un rouleau compresseur au bout d’un certain temps.  A la place de l’Union européenne et de ses alliés,  je ne crierais pas victoire si tôt.
 
 Il faudrait plutôt essayer de comprendre les raisons  de cette action.  Les medias ne  parlent pratiquement jamais de ses  causes.
 Il faut  comprendre que la Russie ne veut pas avoir les Etats-Unis à sa droite (l’Alaska),  et à sa gauche (l’Ukraine).  Déjà, le 23 mars dernier, Joe Biden proclamait : « American is back ! ». Les craintes russes que l’économie de l’Ukraine et celle de l’Union européenne tombent (ou restent)  entre les mains des Etats-Unis,  sont donc justifiées.
 Il  serait aussi normal que la Russie cherche à avoir  un  accès terrestre  à la Crimée,  ce passage ne pouvant être que par l’Ukraine.
Enfin, il n’y a pas de doute que la Russie « saurait faire », comme par le passé,  pour relever économiquement et socialement  l’Ukraine en grande perte de vitesse malgré son immense potentiel.
 
N’étant pas politologue, et n’ayant que mon bon sens, la conclusion que je peux tirer de tout cela, c’est qu’il ne fallait jamais se mêler de cette guerre, car le jeu n’en vaut absolument pas la chandelle,  et  pourrait entraîner le monde entier à la catastrophe si la Chine décidait, pour une raison quelconque, d’entrer dans le jeu.
 Comme par le passé,  il fallait laisser Ukrainiens et Russes laver leur linge sale… en famille.
 
Mais déjà, on n’a plus le droit de penser autrement que ce que disent les politiques occidentales.  Leur idéal démocratique ne laisse ici aucune liberté, ni de penser ni de s’exprimer. Un lavage de cerveau intense,  « un chantage émotionnel » comme le déplore Nicolas Dupont-Aignan ( 15 )  est pratiqué sur l’opinion publique par les médias. Mais il n’est pas récent :   bien avant cette guerre,  la Russie et Poutine étaient sans cesse vilipendés.
 
Avec l’intervention du président Zelensky à l’Assemblée nationale, le 23 mars, on voit qu’on est  dans un engrenage diabolique, et que la France et l’Union européennes ne peuvent déjà plus faire autrement  que de subir les ordres de l’Ukraine : envoyer plus d’armes, boycotter Renault…, et des Etats-Unis,  qui poussent à imposer un embargo sur le gaz et le pétrole russes.
 
L’Europe risque d’avoir un réveil désenchanté et douloureux.   
 
Danielle Vincent.
25 mars 2022.
 
 N O T E S :
 
(1)     Wikipédia.
(2)      Ibidem.
(3)      Ibidem.
(4)      Ibidem.
(5)      Ibidem.
(6)      Selon l’Agence américaine d’Information sur l’Energie.
(7)      Wikipédia
(8)      KW kilowatt-heure :     1.000 Watts-heure.
          MW mégawatt-heure:   1.000 kilowatt-heure.
          GW gigawatt-heure:      1 million de KW-heure.
          TW terawatt-heure :      1 milliard de KW-heure.
La production nucléaire de l’Ukraine, en 2020, était donc de 83 milliards de kilowatt-heure.
(9)      Journal Le Monde su 25 mars 2022.   
(10)   Le sorgho :  plante graminée originaire d’Afrique,  le Sorgum bicolor est cultivé pour ses graines et pour le fourrage. La plante peut atteindre trois mètres de haut. Le sorgho est la cinquième céréale mondiale après le maïs, le riz, le blé et l’orge. L’ingestion par les animaux de plantes jeunes ou de repousses peut provoquer une intoxication au cyanure, le sorgho contenant de l’acide cyanhydrique (HCN) ainsi que d’autres toxiques : la dhurrine, du p-hydroxylbenzaldéhyde, ainsi que des nitrates.
(11)     La fusion du réacteur, à 1h23 du matin, avait répandu une radioactivité de  500 fois la bombe d’Hiroshima.
(12)    Wikipédia : Volodymyr Zelensky.
(13)            «        : Volodymyr Fessenko, politologue.
(14)    Wikipédia.        .
(15)    A l’Assemblée nationale, DNA du 24 mars 2020. 
 
L A     P H R A S E     D U     M O I S :
 
« Il y a une volonté expansionniste de l’OTAN et des Etats-Unis, qui a provoqué ce raidissement chez Poutine.
Le président ukrainien, que tout le monde encense aujourd’hui, est un des dirigeants les plus corrompus d’Europe, qui a laissé son peuple dans la misère ».
 
                                                                                          Nathalie Arthaud
                                                                                     (DNA du 25 mars 2022)
  
         
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